Le 20 janvier 2025, l’État ivoirien a annoncé un mécanisme exceptionnel de rachat des stocks de cacao détenus par les coopératives, afin de garantir le paiement des producteurs. Au total, environ 123 000 tonnes de fèves seront achetées au prix officiel de 2 800 francs CFA le kilo, pour un coût estimé à près de 280 milliards FCFA.
Cette initiative intervient dans un contexte de ralentissement des exportations et de liquidités limitées chez les acheteurs, ce qui a entraîné un engorgement des stocks et des retards de paiement pour les producteurs. La filière cacao représente environ 14 % du PIB ivoirien et concerne près de 5 millions de personnes.
Le dispositif prévoit que l’État avance les fonds pour acheter et transporter les stocks vers les entrepôts, avant que les exportateurs ne rachètent ces volumes. L’objectif est d’assurer la circulation des fèves vers les ports et les unités industrielles et de rétablir la liquidité dans les zones de production.
Parallèlement, la demande mondiale de cacao a montré des signes de ralentissement en 2025. Les volumes de fèves transformées par les broyeurs ont diminué de plus de 8 % en Europe, de 5 % en Asie et de 13 % au Brésil, tandis qu’ils sont restés stables aux États-Unis. Cette contraction est liée à la hausse des prix des fèves, qui a freiné la consommation de produits chocolatés et provoqué une baisse significative des cours, passant d’environ 12 000 dollars la tonne en 2024 à moins de 5 000 dollars depuis 2025.Thierno Sounounou Diallo
Aminata Sadio Diallo









